Le 25 octobre dernier rassemblait le peuple uruguayen, appelé à voter à l'occasion des élections présidentielles. Lors de ce vote, en dehors du vote électoral à proprement parler, étaient soumis au vote des citoyens deux référendums: le premier visait à donner (ou non) le droit aux uruguayens résidant à l'étranger de voter (un vote consulaire ou épistolaire) aux élections présidentielles, droit dénié jusqu'à présent. Le deuxième, portant sur l'annulation de la Loi dite de Caducité de la prétention punitive de l'état, dite loi de "Point final" ou "d'impunité". Cette loi "extorquée" au Parlement par l'autorité militaire à son départ du pouvoir en 1986 a longtemps été interprété de fait par les gouvernements élus jusqu'en 2005 comme une loi empêchant la révision de tous les actes militaires ayant eu lieu pendant la dictature militaire, y compris les actes commis à l'encontre des droits de l'homme (et les tortures, les disparitions et les morts de centaines voire de milliers d'uruguayens) et au delà de tout jugement, comme limitative de la possibilité même d'enquêtes sur ces évènements.
Résultat des votes:
Le Frente Amplio (union des partis de gauche, dont la liste est menée par Mujica et Astori) arrive en tête des suffrage avec plus de 49% des voix. Arrive loin derrière en ballottage la liste de droite "blanche" menée par Lacalle (ancien président uruguayen) qui devra faire alliance avec la troisième liste, son ennemi traditionnel mais de mouvance de droite également, les Colorados menés par Bordaberry, fils du dictateur uruguayen du même nom lors du ballottage du second tour.
La proposition pour l'annulation de la Loi de Caducité ne remporte que 47,36 % des voix: la loi est donc maintenue.
La proposition pour le droit de vote des uruguayens à l'étranger remporte seulement 38 % des voix. Elle n'est donc pas retenue.
Réflexions sur le résultat des deux référendums.
En Uruguay, le vote est obligatoire. Tous ceux inscrits dans les listes électorales et possédant un document appelé la Credencial Civica doivent aller voter, sur le territoire uruguayen. S'ils ne votent pas, au bout de deux ou trois échéances électorales, ils sont rayés des listes, et pour retrouver le droit de vote, la démarche est un peu compliquée. Les uruguayens demeurant à l'étranger, (que ce soit ceux partis pour des raisons politiques pendant la dictature de 1973 à 1985 ou pour des raisons économiques par la suite) n'ont pas le droit de voter s'ils ne se déplacent pas en Uruguay, et s'ils ne veulent pas être rayés des listes ils doivent justifier de leur non vote auprès du consulat, à chaque échéance électorale. Depuis des années, ces Uruguayens expatriés luttent pour une reconnaissance de ce que l'on appelle désormais le "département 20" (Uruguay compte 19 départements ou régions, le département 20 constitue l'ensemble des Uruguayens expatriés) qui apporte beaucoup au pays en soutien économique, mais qui n'a aucune force élective. Cet état de fait est donc appelé à durer, au vu du résultat des urnes.
Ayant la double nationalité, française et uruguayenne, je comprends la déception de tous ceux qui espéraient une issue favorable à ce premier référendum, car on a beau vivre dans un autre pays, on peut toujours s'intéresser et souhaiter participer à la vie d'un pays qui est aussi le nôtre. Je suis déçue aussi, mais bien moins que ceux qui sont nés et qui ont une grande partie de leur vie travaillé et lutté pour l'Uruguay, comme mes parents, mes oncles et tantes, mes cousins aussi, ceux qui ont opté pour l'exil au cours des 8 dernières années, pour des raisons économiques. Beaucoup parmi ceux-ci désiraient ardemment ce droit de vote, car ils pensent toujours revenir s'installer au pays, et de ce fait continuer la lutte là-bas, un jour.
Je suis par contre beaucoup plus affectée par le résultat du vote sur la loi de caducité. Seulement 47,36% des votes ont demandé l'annulation de cette loi inique, par ailleurs déclarée inconstitutionnelle par la cour suprême uruguayenne ce même mois d'octobre (voir ici en espagnol).
Ce résultat me peine, et me met aussi en colère, car je pense qu'il ne représente pas toute la progression qui s'est effectuée au cours des 5 dernières années au sein de la population uruguayenne, en matière de prise de conscience qu'il fallait vraiment un jour remettre tout sur le tapis, regarder le passé en face, et permettre que justice se fasse. Si le gouvernement en place a enfin pu commencer à faire des procès, et qu'une vingtaine de militaires ont pu être jugés (et deux des 3 dictateurs placés sous les barreaux) cela ne représente qu'une goutte d'eau, bien des choses sont à mettre à jour encore. Ma colère ne vient pas uniquement du résultat en lui-même, mais des circonstance de l'aboutissement à ce résultat.
Il faut savoir que dans les deux cas, pour les deux propositions mises en débat le jour des élections, le citoyen allant voter devait : choisir sa liste électorale, puis s'il était en faveur de l'annulation de la loi de caducité, ajouter à son vote un bulletin rose pour le Oui, s'il était en faveur du vote consulaire, ajouter un bulletin blanc.
L'enveloppe contenant le vote pouvait donc recevoir, 1, 2 ou 3 bulletins, correspondant à chaque vote. Par omission, c'est à dire s'il n'a pas exprimé de vote pour soutenir la proposition, le vote du citoyen est compté comme Non, c'est à dire comme opposé à la proposition.
Soit tu votes pour, soit tu ne votes pas et donc tu votes contre.
Je ne comprends pas comment le vote a pu être organisé de cette manière car pour moi cela fausse complètement les résultats: à défaut d'un vote actif pour le non, comme pour le oui, toute erreur, tout oubli, toute incompréhension face à l'enjeu du vote abouti à un compte négatif. Je pense (cela n'engage que moi) que s'il y avait eu, un papier pour le oui, et un papier pour le non, le non ne l'aurait pas emporté. Car aujourd'hui la conscience des uruguayens A progressé et l'expression directe et engagée (par l'acte de mettre un vote NON dans l'enveloppe) aurait été autrement plus "violente" que le non-acte "lâche", ou même inconscient, d'ignorance, comme cela a du se passer je pense dans certaines campagnes de l'intérieur, de ne pas mettre le bulletin dans l'enveloppe.
Déjà, en soi, l'addition des circonstances de vote en un jour fragilisait le résultat des votes: les gens se déplacent avant tout pour voter aux élections présidentielles, tous n'avaient pas forcément compris l'enjeu des deux autres votes. Si chaque vote avait été organisé sur un jour différent, l'enjeu aurait été plus clairement défini...
Que va-t'il se passer aujourd'hui? quel futur pour la lutte dans la défense des droits de l'homme, dans la révision et la mémoire de ce qui s'est passé pendant la dictature? Le peuple uruguayen dit il, ça suffit, on oublie, on arrête? Je ne veux pas y croire.
La révocation de la loi de caducité peut en principe encore se faire, par voie parlementaire. Je ne sais pas quelle sera la position du gouvernement Mujica-Astori (qui devrait vraisemblablement être élu à l'issu du vote du second tour, en novembre). Comme beaucoup d'uruguayens, j'attends donc, convaincue, comme tant de civils et même certains militaires uruguayens, que la reconstruction de la paix et la solidification pérenne de la démocratie uruguayenne passe par la révocation de cette loi. La lutte n'est toujours pas finie.
J'y crois encore.
Maiana
Sunday, November 8, 2009
Tuesday, September 15, 2009
News and comments / Noticias y comentarios
Hello everybody,
sorry I have been a bit slack to put the blog up to date but I'll try to keep you inform a bit more frequently from now on.
First of all, a balance:
Secretos de Lucha has been screened in more than 30 international film festivals around the world, in as many as 15 countries, going from France to Uruguay, through Mexico, Canada, USA, Russia, Serbia, New Zealand, Australia, Bolivia, Colombia, Argentina, etc etc etc.
Now, still it is not easy to get to see the film. Why? Because you basicaly can't buy it outside the web. There is the offical website, www.secretosdelucha.com, where you can order and pay for the film online, but otherwise, beside the Elkar shop in Bayonne, France, you can't buy it anywhere, BECAUSE WE DON'T HAVE A DISTRIBUTOR. Even in Uruguay, where it would seem natural to get someone interested in selling the film for us, even without any profit from our part, the distributors never got interested enough in selling the movie on DVD. Don't ask me why.
So what happens now, is when people hear or see extracts of my movie outside Europe, and want more, they have to write to me or my producer to ask for a copy, and we do our best to send it to you. That is the luck of small independent movies, how we have to struggle still in a day to day basis to try and survive (and no, we don't really make a living out of this). But we do believe in what we do, and that's what keeps us going...
OK, now news: Secretos de Lucha is going to screen again in Vancouver, Canada, in November in a festival organized by Amnesty international (Saturday November 14th, 4.30Pm, Vancity Theatre, 1181 Seymour Street, Vancouver, Canada). It also screens in Uruguay when people organise special screenings (I just wish sometimes we would be informed as well so we could tell you).
By the way, October 25th is going to be a big day in Uruguay as this day are held the national elections and the referendum which will give the Uruguayan people the opportunity to get rid of the Impunity law. A major step would be then done in the Human right defense in that beautiful country.
The film is also available for screening in Europe for educational purposes, in which case I can also come for a talk with the students.
OK, thank you again fopr your interest, keep in touch.
Maiana
sorry I have been a bit slack to put the blog up to date but I'll try to keep you inform a bit more frequently from now on.
First of all, a balance:
Secretos de Lucha has been screened in more than 30 international film festivals around the world, in as many as 15 countries, going from France to Uruguay, through Mexico, Canada, USA, Russia, Serbia, New Zealand, Australia, Bolivia, Colombia, Argentina, etc etc etc.
Now, still it is not easy to get to see the film. Why? Because you basicaly can't buy it outside the web. There is the offical website, www.secretosdelucha.com, where you can order and pay for the film online, but otherwise, beside the Elkar shop in Bayonne, France, you can't buy it anywhere, BECAUSE WE DON'T HAVE A DISTRIBUTOR. Even in Uruguay, where it would seem natural to get someone interested in selling the film for us, even without any profit from our part, the distributors never got interested enough in selling the movie on DVD. Don't ask me why.
So what happens now, is when people hear or see extracts of my movie outside Europe, and want more, they have to write to me or my producer to ask for a copy, and we do our best to send it to you. That is the luck of small independent movies, how we have to struggle still in a day to day basis to try and survive (and no, we don't really make a living out of this). But we do believe in what we do, and that's what keeps us going...
OK, now news: Secretos de Lucha is going to screen again in Vancouver, Canada, in November in a festival organized by Amnesty international (Saturday November 14th, 4.30Pm, Vancity Theatre, 1181 Seymour Street, Vancouver, Canada). It also screens in Uruguay when people organise special screenings (I just wish sometimes we would be informed as well so we could tell you).
By the way, October 25th is going to be a big day in Uruguay as this day are held the national elections and the referendum which will give the Uruguayan people the opportunity to get rid of the Impunity law. A major step would be then done in the Human right defense in that beautiful country.
The film is also available for screening in Europe for educational purposes, in which case I can also come for a talk with the students.
OK, thank you again fopr your interest, keep in touch.
Maiana
Sunday, April 5, 2009
Prochaines projections de Secretos de Lucha
La semaine prochaine, Secretos de Lucha participe au festival de documentaires à Belgrade, Serbie, Beldocs: www.beldocs.rs .
A la fin du mois, c'est en Californie, dans le IX Latin American Film Festival
University of California, Irvine, (16-26 avril)que sera présenté le film, dans ce qui sera sa deuxième projection sur le territoire des Etats Unis.
Des projections pour les scolaires, collèges et lycées ont eu lieu à Pau, dans le cadre du festival Culturamerica, la semaine dernière, à Sainte Ursule (classes de troisièmes), et l'Immaculée Conception (secondes et premières).
Jeudi Prochain, 9 avril, mon père et moi présenterons le film dans un lycée d'Hendaye le matin, ainsi qu'un établissement de Salies de Béarn dans l'aprés midi.
Prochain rendez-vous pour une projection suivie d'un débat rencontre avec le public, le 30 avril à Saint Vincent de Tyrosse.
Merci à tous ceux qui contribuent à la diffusion de ce film, au public et aux élèves pour leur intérêt et la chaleur des débats qui suivent les projections.
A bientôt pour d'autres rendez-vous!
Maiana
A la fin du mois, c'est en Californie, dans le IX Latin American Film Festival
University of California, Irvine, (16-26 avril)que sera présenté le film, dans ce qui sera sa deuxième projection sur le territoire des Etats Unis.
Des projections pour les scolaires, collèges et lycées ont eu lieu à Pau, dans le cadre du festival Culturamerica, la semaine dernière, à Sainte Ursule (classes de troisièmes), et l'Immaculée Conception (secondes et premières).
Jeudi Prochain, 9 avril, mon père et moi présenterons le film dans un lycée d'Hendaye le matin, ainsi qu'un établissement de Salies de Béarn dans l'aprés midi.
Prochain rendez-vous pour une projection suivie d'un débat rencontre avec le public, le 30 avril à Saint Vincent de Tyrosse.
Merci à tous ceux qui contribuent à la diffusion de ce film, au public et aux élèves pour leur intérêt et la chaleur des débats qui suivent les projections.
A bientôt pour d'autres rendez-vous!
Maiana
Il y aura un référendum sur la loi de caducité!
Le nombre de signatures parmi les membres du corps électoral uruguayen nécessaire à la révision par référendum du décret dit loi d'impunité adopté en 1986 a été atteint!
Le référendum aura donc lieu, probablement en même temps que les prochaines élections. Ce vote sera déterminant en ce qui concerne les prochains pas dans la lutte pour les droits de l'homme, et la vérité et justice en ce qui concerne les événements ayant eu lieu pendant le régime militaire en Uruguay entre 1973 et 1985.
Déjà, la semaine dernière 8 militaires et policiers ont été jugés coupables pour leur participation à l'élimination /disparition de 25 Uruguayens dans le cadre du plan Condor (collaboration des dictatures d'uruguay, Argentine, Chili, Paraguay et Brésil dans leur chasse aux dissidents/subversifs ou bien ceux jugés comme tels dans chacun de ces pays pendnat le régime militaire.) Ces militaires ont eu des peines de 20 à 25 ans de prison.
En español (informacion retransmise par l'association Donde Estan, Paris, )
Uruguay- Se superaron las 255.000 firmas
para plebiscitar la anulación de la ley de caducidad !!
30.03.2009 | 7.13
La comisión que impulsa la nulidad de la Ley de Caducidad anunció que fue alcanza la cifra mínima de
firmas que se necesitan para que haya un plebiscito sobre la norma.
El integrante de la comisión Carlos Coitiño dijo este lunes a En Perspectiva que se superaron
las 255.000 firmas y que en el plazo de 25 días se espera llegar a las 300.000 adhesiones.
El juez penal de 19º Turno, Luis Charles, dispuso ayer la condena de ocho militares y policías vinculados con la represión de la dictadura cívico-militar, como autores responsables de veintiocho (28) delitos de homicidio muy especialmente agravados en reiteración real.
El magistrado condenó a los ocho represores a penas de entre 20 y 25 años de penitenciaría por el secuestro y traslado clandestino al Uruguay del militante del PVP Adalberto Soba Fernández y otros 27 uruguayos, víctimas de la coordinación represiva denominada "Plan Cóndor", en la conocida megacausa "Segundo Vuelo" de Automotores Orletti.
La sentencia emitida ayer por el juez Charles dispone la condena por primera vez en la historia de militares y policías vinculados con el régimen dictatorial uruguayo. El histórico fallo se concreta 24 años después de reinstaurada la democracia en Uruguay, y 35 años después del golpe de Estado encabezado por Juan María Bordaberry, en junio de 1973.
En este sentido, Charles dispuso la condena de los militares retirados José Nino Gavazzo, Ricardo Arab, Jorge "Pajarito" Silveira, Ernesto Avelino Ramas, Gilberto Vázquez a una pena de 25 años de penitenciaría; al tiempo que para el coronel (r) Luis Maurente y los ex jerarcas policiales Ricardo "Conejo" Medina y José Sande Lima la pena dispuesta es de 20 años.
La sentencia del magistrado responde al homicidio "en el marco del terrorismo de Estado" de los militantes de izquierda Adalberto Soba Fernández, Alberto Mechoso Méndez, Rafael Lezama, Miguel Moreno, Casimira Carretero, Juan Pablo Recagno, Washington Queiró, Walner Bentancour Garín, Carlos Rodríguez, Julio Rodríguez Rodríguez, Rubén Prieto, Juan Pablo Errandonea, Raúl Tejera, Mario Cruz Bonfiglio, Armando Bernando Arnone, Washington Cram, Cecilia Trías, Segundo Chejenian, Graciela Da Silveira, Victoria Grisonas, Roger Julien, Maria Emilia Islas, Jorge Zaffaroni, Josefina Keim, Juan Miguel Morales, Ary Cabrera, León Duarte y Gerardo Gatti.
El fallo reconstruye el secuestro en Buenos Aires de las 28 víctimas por las cuales se condena a los militares, en especial por los casos de Adalberto Soba y Alberto Mechoso, y sus pasajes por distintos centros ilegales de detención en Argentina y Uruguay.
Plan Cóndor
La sentencia del juez Luis Charles recuerda que los hechos denunciados, el secuestro y traslado ilegítimo al Uruguay de 28 personas, se encuadran dentro del "período dictatorial cívico-militar, comprendido entre los años 1973-1985 y responden a la coordinación operacional de las cúpulas de los gobiernos de hecho que regían en Argentina, Brasil, Bolivia, Chile, Paraguay y Uruguay", en el denominado "Plan Cóndor".
El objetivo central del "Cóndor" era "el seguimiento, vigilancia, detención, interrogatorios con apremios psico-físicos, traslados entre países y desaparición o muerte de personas consideradas por dichos regímenes como subversivas del orden instaurado o contrarias al pensamiento político o ideológico opuesto o no compatible con las dictaduras militares de la región".
Le référendum aura donc lieu, probablement en même temps que les prochaines élections. Ce vote sera déterminant en ce qui concerne les prochains pas dans la lutte pour les droits de l'homme, et la vérité et justice en ce qui concerne les événements ayant eu lieu pendant le régime militaire en Uruguay entre 1973 et 1985.
Déjà, la semaine dernière 8 militaires et policiers ont été jugés coupables pour leur participation à l'élimination /disparition de 25 Uruguayens dans le cadre du plan Condor (collaboration des dictatures d'uruguay, Argentine, Chili, Paraguay et Brésil dans leur chasse aux dissidents/subversifs ou bien ceux jugés comme tels dans chacun de ces pays pendnat le régime militaire.) Ces militaires ont eu des peines de 20 à 25 ans de prison.
En español (informacion retransmise par l'association Donde Estan, Paris, )
Uruguay- Se superaron las 255.000 firmas
para plebiscitar la anulación de la ley de caducidad !!
30.03.2009 | 7.13
La comisión que impulsa la nulidad de la Ley de Caducidad anunció que fue alcanza la cifra mínima de
firmas que se necesitan para que haya un plebiscito sobre la norma.
El integrante de la comisión Carlos Coitiño dijo este lunes a En Perspectiva que se superaron
las 255.000 firmas y que en el plazo de 25 días se espera llegar a las 300.000 adhesiones.
El juez penal de 19º Turno, Luis Charles, dispuso ayer la condena de ocho militares y policías vinculados con la represión de la dictadura cívico-militar, como autores responsables de veintiocho (28) delitos de homicidio muy especialmente agravados en reiteración real.
El magistrado condenó a los ocho represores a penas de entre 20 y 25 años de penitenciaría por el secuestro y traslado clandestino al Uruguay del militante del PVP Adalberto Soba Fernández y otros 27 uruguayos, víctimas de la coordinación represiva denominada "Plan Cóndor", en la conocida megacausa "Segundo Vuelo" de Automotores Orletti.
La sentencia emitida ayer por el juez Charles dispone la condena por primera vez en la historia de militares y policías vinculados con el régimen dictatorial uruguayo. El histórico fallo se concreta 24 años después de reinstaurada la democracia en Uruguay, y 35 años después del golpe de Estado encabezado por Juan María Bordaberry, en junio de 1973.
En este sentido, Charles dispuso la condena de los militares retirados José Nino Gavazzo, Ricardo Arab, Jorge "Pajarito" Silveira, Ernesto Avelino Ramas, Gilberto Vázquez a una pena de 25 años de penitenciaría; al tiempo que para el coronel (r) Luis Maurente y los ex jerarcas policiales Ricardo "Conejo" Medina y José Sande Lima la pena dispuesta es de 20 años.
La sentencia del magistrado responde al homicidio "en el marco del terrorismo de Estado" de los militantes de izquierda Adalberto Soba Fernández, Alberto Mechoso Méndez, Rafael Lezama, Miguel Moreno, Casimira Carretero, Juan Pablo Recagno, Washington Queiró, Walner Bentancour Garín, Carlos Rodríguez, Julio Rodríguez Rodríguez, Rubén Prieto, Juan Pablo Errandonea, Raúl Tejera, Mario Cruz Bonfiglio, Armando Bernando Arnone, Washington Cram, Cecilia Trías, Segundo Chejenian, Graciela Da Silveira, Victoria Grisonas, Roger Julien, Maria Emilia Islas, Jorge Zaffaroni, Josefina Keim, Juan Miguel Morales, Ary Cabrera, León Duarte y Gerardo Gatti.
El fallo reconstruye el secuestro en Buenos Aires de las 28 víctimas por las cuales se condena a los militares, en especial por los casos de Adalberto Soba y Alberto Mechoso, y sus pasajes por distintos centros ilegales de detención en Argentina y Uruguay.
Plan Cóndor
La sentencia del juez Luis Charles recuerda que los hechos denunciados, el secuestro y traslado ilegítimo al Uruguay de 28 personas, se encuadran dentro del "período dictatorial cívico-militar, comprendido entre los años 1973-1985 y responden a la coordinación operacional de las cúpulas de los gobiernos de hecho que regían en Argentina, Brasil, Bolivia, Chile, Paraguay y Uruguay", en el denominado "Plan Cóndor".
El objetivo central del "Cóndor" era "el seguimiento, vigilancia, detención, interrogatorios con apremios psico-físicos, traslados entre países y desaparición o muerte de personas consideradas por dichos regímenes como subversivas del orden instaurado o contrarias al pensamiento político o ideológico opuesto o no compatible con las dictaduras militares de la región".
Tuesday, March 17, 2009
Comentarios de Estudiantes de LSE despues de la proyeccion en Londres
Queridos todos,
aqui un lazo con la pagina de la London Economic School, donde se presentara el 4 de marzo pasado el documental dentro del Ciclo Spanish en Motion. Muchisimas gracias a Lourdes y Rafael, profesores de español en dicha universidad, que organizaron el evento y me propusieron participar en él.
En noticias diversas, tengo el placer de anunciarles que después de pasar en Moscu, el 1o de marzo pasado, y en Londres, ahora Secretos de Lucha tambien estara presentado en Pau (Francia) este jueves 19 de marzo, en el cin Meliés, en abril en el festival de cine latinoamericano IX Latin American Film Festival de la University of California en Irvine, y en el festival Beldocs, en Serbia.
Muy proximamente anotaré aqui las fechas y mas informaciones.
IMPORTANTE,Faltan 5 semanas para el 23 de abril, fecha límite para la entrega de firmas para la convocatoria al plebiscito por la anulación de la ley de caducidad. Hasta el jueves 4 de marzo (última de las actualizaciones realizadas por la Comisión Nacional por la Nulidad) se llevaban recolectadas 224.610 firmas.
Puestos fijos de recolección y entrega de papeletas
1) En 18 de Julio: Plaza del Entrevero, plaza Libertad, Explanada imm, Plaza de los 33.
2) Terminal Río Branco (de mañana y de tardecita).
3) En Agraciada: plaza Cuba, plaza Bellán, plaza Suárez (supermercado Disco).
4) Terminal Tres Cruces: parada sobre bulevar Artigas, parada sobre Galicia, parada sobre Goes.
5) En 8 de Octubre: 8 de Octubre y Comercio, 8 de Octubre y los “Techitos”, 8 de Octubre y Abreu (casmu).
6) Hospitales: de Clínicas, Pereira Rossell, Maciel.
7) Mutualistas: casmu, Española, Médica Uruguaya.
8) Shoppings: Montevideo, Punta Carretas.
9) En avenida Garzón: plaza Colón (los sábados), Complejo Habitacional América.
10) Parque Posadas, Luis Alberto de Herrera y Millán, de 18 a 20 horas.
11) Salida del Comcar.
Ferias vecinales
Sábados: peatonal Sarandí, Colón, Alto Perú, Villa Biarritz, La Teja, Los Boulevares, 8 de Octubre y Sanguinetti.
Domingos: peatonal Sarandí, Piedras Blancas, Cerro, Parque Rodó, Tristán Narvaja, Larravide y 8 de Octubre, Villa García.
Seguir adelante, pueblo lindo, pueblo unido!
Maiana
aqui un lazo con la pagina de la London Economic School, donde se presentara el 4 de marzo pasado el documental dentro del Ciclo Spanish en Motion. Muchisimas gracias a Lourdes y Rafael, profesores de español en dicha universidad, que organizaron el evento y me propusieron participar en él.
En noticias diversas, tengo el placer de anunciarles que después de pasar en Moscu, el 1o de marzo pasado, y en Londres, ahora Secretos de Lucha tambien estara presentado en Pau (Francia) este jueves 19 de marzo, en el cin Meliés, en abril en el festival de cine latinoamericano IX Latin American Film Festival de la University of California en Irvine, y en el festival Beldocs, en Serbia.
Muy proximamente anotaré aqui las fechas y mas informaciones.
IMPORTANTE,Faltan 5 semanas para el 23 de abril, fecha límite para la entrega de firmas para la convocatoria al plebiscito por la anulación de la ley de caducidad. Hasta el jueves 4 de marzo (última de las actualizaciones realizadas por la Comisión Nacional por la Nulidad) se llevaban recolectadas 224.610 firmas.
Puestos fijos de recolección y entrega de papeletas
1) En 18 de Julio: Plaza del Entrevero, plaza Libertad, Explanada imm, Plaza de los 33.
2) Terminal Río Branco (de mañana y de tardecita).
3) En Agraciada: plaza Cuba, plaza Bellán, plaza Suárez (supermercado Disco).
4) Terminal Tres Cruces: parada sobre bulevar Artigas, parada sobre Galicia, parada sobre Goes.
5) En 8 de Octubre: 8 de Octubre y Comercio, 8 de Octubre y los “Techitos”, 8 de Octubre y Abreu (casmu).
6) Hospitales: de Clínicas, Pereira Rossell, Maciel.
7) Mutualistas: casmu, Española, Médica Uruguaya.
8) Shoppings: Montevideo, Punta Carretas.
9) En avenida Garzón: plaza Colón (los sábados), Complejo Habitacional América.
10) Parque Posadas, Luis Alberto de Herrera y Millán, de 18 a 20 horas.
11) Salida del Comcar.
Ferias vecinales
Sábados: peatonal Sarandí, Colón, Alto Perú, Villa Biarritz, La Teja, Los Boulevares, 8 de Octubre y Sanguinetti.
Domingos: peatonal Sarandí, Piedras Blancas, Cerro, Parque Rodó, Tristán Narvaja, Larravide y 8 de Octubre, Villa García.
Seguir adelante, pueblo lindo, pueblo unido!
Maiana
Saturday, January 10, 2009
De la vie réelle des ... réalisateurs
Bonjour à tous,
si je me permets d'écrire aujourd'hui sur ce blog, à propos d'un sujet qui n'a pas grand chose à voir avec Secretos de Lucha, c'est que je suis en colère. Oui, je suis en colère. Bien sûr, il y a mille très bonnes raisons d'être en colère face aux choses qui ne marchent pas sur ce vaste monde, mais aujourd'hui j'ai décidé de parler un peu de ce qui ne se sait pas toujours à propos des gens qui comme moi vivent, ou essaient de vivre, de la création audiovisuelle.
Ce n'est pas tout de faire un film, de faire des recherches, d'écrire des scénarios, de voyager dans un festival pour présenter le produit fini et rencontrer des gens et échanger nos impressions, toutes choses passionnantes bien sûr. Il faut aussi vivre. C'est idiot, mais pour vivre, même nous, on a besoin d'argent. Même nous, on a besoin d'un toit pour se loger, et donc on doit aussi payer un loyer. Nous aussi, il nous arrive de manger, autre chose que les petits fours servis lors des receptions des festivals. Il se trouve que je suis en train de chercher un logement. Je souhaite louer un appart, voire même seulement une chambre dans une colocation. Et oui, j'ai bourlingué un peu dans ce vaste monde, suffisamment pour aimer une certaine liberté; une certaine indépendance, et c'est pour cela que, décidant depuis juillet dernier de revenir poser mes valises en France, j'ai décidé de chercher un lieu à moi, pour vivre. Et ce n'est pas facile, car tout est cher, même hors de Paris, à Bordeaux. Mais quand, comme hier, je m'entends dire: "Je vous appelle pour vous dire, que , bien que nous vous ayons trouvé sympathique, nous préférons ne pas vous donner la chambre, parceque vous avez dit que vous alliez demander l'aide au logement. ça ne nous paraît pas juste. Notre fils est jeune salarié, et lui n'a pas droit aux aides au logement. Que vous vous ayez droit à l'apl, ça ne nous plaît pas, ce n'est pas juste."
????
Je me suis posée la question, qu'est-ce qui, parmi les choses que j'avais racontées pendant la visite de la maison, m'avaient valu ce retour, le jour suivant. Le fait d'avoir mentionné que j'avais vécu plusieurs années en Australie? J'y suis partie étudiante, en 2000, j'y ai travaillé quand j'ai pu, en particulier à partir de 2004, mais je peux vous assurer qu'en Australie, comme dans n'importe quel pays du monde, on peut avoir des soucis d'argent, être chômeur, galérer, ce qui plusieurs fois a été mon cas, mais je me suis toujours débrouillée, même avec peu d'argent. Est-ce le fait d'avoir parlé de ma famille? d'origine Basque, nés en Uruguay, vivant à Bayonne en ce moment? Le lien basque peux t'il être une menace? Le fait d'avoir dit que je travaillais en ce moment avec d'autres réalisateurs pour une petite série de documentaires pour France 3 Aquitaine? Bien sûr, je n'ai pas précisé que ce travail pour le moment avait représenté deux numéros, que le premier vient d'être payé maintenant avec un peu de retard, et que je n'ai pas encore assez de cachets en France pour avoir le statut d'intermittente du spectacle.
Est-ce le fait d'avoir dit que mon documentaire avait plutôt bien marché dans les festivals? Mais le film a souvent voyagé sans moi, et ce n'est que quand mon voyage a pu être financé par les festivals ou les ambassades de France, que moi j'ai pu m'y rendre. Le seul voyage que je me sois payé, cofinancé à un tiers par la smac, mais qui était tout de même bien couteux à mon budget, était pour la présentation officielle de mon film en Uruguay en mars 2007 : le coût du voyage (partant de Sydney) s'est élevé à 2000 euros. Le consulat de France à Sydney avait promis de collaborer à hauteur de 500 euros aux frais de présentation du film, en Australie. Cela n'a pas été réalisé.
Alors, je vais donner ici quelques informations pour que ceux qui ne connaissent pas notre quotidien comprennent un peu la stupéfaction, puis la colère qui m'ont envahie après ce coup de fil qui prétendait de me faire ressentir de la honte à solliciter les apl.
Pour faire Secretos de Lucha, j'ai du lutter. Longtemps. 4 ans et demi. Les premières interviews que j'ai réalisée ont été le fruit de mes économies et de l'aide de mes parents, qui m'ont financé en 2002 l'achat d'une petite caméra Sony TRV17, et l'achat du billet d'avion pour le premier de mes voyages en Uruguay, lors de la première réunion de famille ayant eu lieu à ce moment là. La première fois que les 8 frères et soeurs Bidegains allaient être tous réunis, et ce, depuis 1968.
Mes parents sont-ils riches? Bien sûr, en amour, en rêves, en valeurs, en désirs de refaire le monde pour le meilleur, à croire que chacun de nous a un meilleur possible, qu'on peut s'améliorer, et s'entraider, que nous tous, avons un trésor, qu'il faut découvrir et cultiver.
Ma mère, Libertad, est assistante maternelle. Je l'aime de tout mon coeur. Elle n'apparaît pas dans le film, parce que j'ai voulu concentrer l'histoire sur le vécu des frères et soeurs de mon père, prendre le cas d'une seule famille. Et pourtant elle feraît elle aussi un magnifique sujet de documentaire, pour tout ce qu'elle a vécu. Je le reserve pour une autre occasion. Ma mère ne pourra pas prendre sa retraite avant ses 65 ans, car si elle le faisait, sa retraite serait inférieure à la moitié du SMIC. Elle adore son métier, et c'est avec un amour et une patience merveilleuse qu'elle accueille chez nous les 2 à 3 jeunes enfants ou bébés qui lui sont confiés à la journée. Mon père, Jean Paul, que vous voyez dans le film, est à la retraite, après presque une vingtaine d'années de travail en tant que chauffeur de bus (conducteur-receveur) à la STAB à Bayonne. Sa retraite elle aussi est extravagante: autour de 600 euros par mois. C'est avec beaucoup d'économie, de sacrifice et d'effort qu'ils ont fini de payer le crédit pour l'appartement dans lequel ils vivent à Bayonne, un T5 de 85m2. Je suis la seule des 3 filles que nous sommes à venir occuper le plus régulièrement la chambre qui m'est réservée.
Et pourquoi moi qui voyage autant, comme le prouve ce blog, et le site de Secretos, je ne vis pas dans mon propre appart?
Et bien c'est parce que, tenez-vous bien, jusqu'à septembre dernier, j'aurais eu bien du mal à me le payer. Et oui. C'est forcément que je suis dépensière, n'est-ce pas, triviale et légère? Et oui, bien sûr, c'est pour cela que je me fais gronder régulièrement par ma mère. A propos de mes courses. Ou plutôt du manque de mes courses. J'arrive juste de temps en temps à me laisser convaincre à acheter, une nouvelle jupe, une paire de soulier, chaque trois ans, parce que ma mère veut être fière de moi quand je participe à ces festivals; quand, c'est comme ça que, moi, je le vois, je sors "en représentation", "dans le monde", et que je croise toutes ces belles personnes et ces beaux gens qui font partie du monde de l'audiovisuel.
Mais faire le film, cela a dû me rapporter de l'argent n'est-ce pas? Oui, bien sûr. J'ai été payée, et plutot très bien pour une première réalisation de documentaire long métrage. 8000 euros. C'est mon salaire de réalisatrice. Attention, pas par mois, mais en tout. Pour un travail qui s'est étalé sur plus de quatre ans (fin 2003 signature du premier contrat de cession de droits d'auteur avec la SMAC, mi 2007, à la fin du montage de la version longue). Si je suis repartie en Australie en février 2007, jusqu'en juillet, c'est parce que là-bas, je pouvais trouver du travail facilement, et j'ai travaillé, en tant que monteuse dans une chaîne de télé locale, ABC. Vivant là-bas,en colocation, j'ai pu économiser de quoi subsister les premiers mois de mon "installation" en France. De retour en France, j'ai un toit par la générosité de mes parents, ou d'amis qui me reçoivent quelques jours en fonction de mes déplacements. Je suis ravie d'avoir pu trouver ces premières occasions de faire mes pas dans l'audiovisuel en France, avec les Petits Univers, série de documentaires qui passe en ce moment sur France 3 Aquitaine les samedis après midis. Jusqu'à présent, cela représente 2 CDD de deux semaines, 20 cachets de réalisation. Pour avoir le statut, il en faut 43.
Entre 2002 et 2007, le temps de faire le documentaire, qu'ai-je donc fait?
En 2002, j'ai filmé les premières interviews en Uruguay. Puis j'ai cherché du travail en France. Dans mon domaine, je n'en ai pas trouvé: trop qualifiée, ou pas assez, ou bien mes expériences australiennes n'ont pas été reconnues. Bref, j'ai travaillé deux mois comme serveuse dans un restaurant à Paris.
En 2003, grâce à une connaissance, j'ai travaillé quelques mois comme assistante de production dans une maison de production de publicités à Madrid. Payée au lance-pierre, pendant 4 mois. Puis deux grands évènements sont arrivés: j'ai été sélectionnée pour participer au "Film à 99 euros", compétition organisée dans le cadre de feu le Festival du cinéma au féminin de Bordeaux, et j'ai obtenu la bourse déclics-jeunes de la Fondation de France. Le premier évènement m'a permis de réaliser ce court-métrage, "Pascal", un conte des fêtes de Bayonne, qui est maintenant visible sur Youtube. Avec ce budget, 99 euros, j'ai payé les deux cassettes dvcam, et la nourriture pour mon équipe lors des deux soirées de tournage. Le deuxième événement, la bourse déclic jeune, m'a permi de me libérer quelques mois des contraintes du travail pour recommencer la recherche d'un producteur afin de mener à bout le projet, Secretos de Lucha. Ces 7500 euros ont également permis l'achat d'un ordinateur portable, un mac G4 que j'appelai tendrement Dora, et qui est mort il y a juste quelques mois, en septembre 2007, paix à son âme. C'est sur Dora que j'ai fait les premiers montages d'une sélection d'extraits des interviews de mes oncles et tantes, qui ont aidé à convaincre Jean-François Hautin, de la SMAC, maison de production installée à Mérignac, du potentiel de mon projet.
En 2004, avec l'appui de Jean François, et de la région Aquitaine, je suis partie 4 mois en Uruguay, à faire des recherches documentaires, à faire les petits pas nécessaires à une meilleure approche du sujet et des membres de ma famille, à tâter le terrain et découvrir quelle résistance (et elle était grande) s'opposait à ce type d'investigations en Uruguay. J'ai travaillé quelques mois par la suite dans le festival alors encore appelé La Cita, le festival latinoaméricain de Biarritz, en tant que room-list, afin de renflouer les caisses. Pendant ce temps, avec mon producteur, nous travaillions à l'écriture et au dépot de dossier et de demandes de subventions. En 2005, enfin nous avons pu filmer la première partie des interviews avec les membres de la famille en Uruguay, avec du matériel professionnel. Mais il nous manquait encore des images. Cette même année, j'avoue, j'ai cru me perdre. Je me remettais en cause dans plusieurs domaines de ma vie, je ne voyais aucune sortie nulle part. Nous attendions les aides de la région, de la procirep, d'autres aides encore, des chaînes de télé pour garantir une diffusion, et donc une aide du CNC... Je suis repartie encore une fois en Australie, parce que la-bas, j'y trouvais du travail, de montage. J'ai postulé à l'entrée à la prestigieuse école de cinéma australienne, AFTRS, l'équivalent de la FEMIS en France, et ils m'ont prise... Dans le département montage. Je redevenais donc étudiante (le plus beau des statuts, n'est-ce pas? Être celui qui apprend...) pour un an.
C'est alors que les aides nous ont été attribuées, et que nous sommes allés chercher en 2006 les interviews qui nous manquaient, et où nous sommes allés filmer cet énorme pari qui avait été le mien (et qui en France particulièrement a été critiqué): les reconstitutions. C'est entre la France et mes études en Australie que s'est passé le montage de Secretos. C'est grâce à l'aide de plusieurs des étudiants et enseignants de cette école, l'AFTRS, que le film bénéficie d'un fini plus lisse, en particulier d'une musique originale magnifique, l'oeuvre de Claire et Angus.
2007: fin du montage de Secretos, design sonore fait gratuitement par Olivia Monteith, mixeuse d'ABC, étalonnage fait par mes soins, ainsi que le marketing, les sous-titrages, traductions espagnol et anglais, versions PAL et NTSC, les DVD, etc... Pour subsister, je travaille en indépendant en tant que monteuse, je donne des cours de montage, dans cette même école à Sydney, où je fais également du conseil technique.
Septembre 2007 enfin, après tant d'années de travail: projection, en grande première mondiale, de Secretos de Lucha, dans sa version longue, au festival latino-américain de Biarritz... Tout le reste, vous le savez, vous le lisez dans ce blog. Le film est pris dans plus de 25 festivals internationaux, il gagne quelques prix, il émeut des publics variés, je crois qu'il touche, qu'il inspire même ceux qui le voient et qui comprennent son message: qu'il faut lutter, lutter pour ce que l'on croit.
Alors alors... Ces APL...
Je risque de choquer ce monsieur encore plus: sachez monsieur, que non seulement je demande les APL, mais qu'en plus je suis au RMI. AAAAAAAAAAAHhhhh. Ben Oui.
Parce que depuis juillet, date de mon retour en France, et jusqu'au mois dernier je n'ai eu aucun revenu. Je n'ai jamais eu droit aux ASSEDIC. Mon travail de réalisation effectué en France, était trop saupoudré ici et là pour donner un droit à quoi que ce soit, et on ne prend pas en compte le travail effectué en Australie, bien sûr. Pour l'année 2006, ainsi, l'année de référence dans le dossier de demande des APL, j'ai touché à peu près 4000 euros. Pour le tournage et le montage en France. Le reste du temps, j'étais étudiante en Australie. Pour cela, et parceque je suis actuellement RMISTE, j'aurai droit aux APL cette année.
Maintenant, ça y est, ne vous en faites plus, j'ai touché mon salaire, et le prochain est à suivre très rapidement. Je sais que je vais encore réalisaer quelques numéros pour la série de France 3 Aquitaine, ce qui devrait me permettre d'avoir très vite mon statut d'intermittente. J'ai encore quelques économies de mon travail en Australie, et je peux voir venir l'année avec un sentiment de sérénité relative, ce qui est assez rare dans notre profession. J'ai hâte de ne plus être RMIste, car cela voudra dire que j'arrive à vivre de mon travail. Car voyez-vous, bien que ce ne soit pas un travail salarié, que je ne cotise à aucune retraite, et que cela ne soit comptabilisé nulle part, je suis en train de travailler: à faire des recherches pour de nouveaux projets, à écrire, des fictions, des documentaires, des films ayant un contenu, peut être parfois un message.
Le droit au rêve, le droit à la liberté, le droit à une vie décente, à une dignité.
Je devrais avoir honte de toucher le RMI? d'avoir droit aux APL? Le peuple de France a lutté pour ces droits. Ces mêmes droits que ce président que d'autres que moi ont élu grignote de jour en jour. Non, je n'ai aucune honte. Et non, désolée, je ne me tairai pas. Avec, ou sans toit.
France, mon cher pays: j'y suis, j'y reste, et je me battrai pour toi.
Pour ton vrai toi.
Maiana
si je me permets d'écrire aujourd'hui sur ce blog, à propos d'un sujet qui n'a pas grand chose à voir avec Secretos de Lucha, c'est que je suis en colère. Oui, je suis en colère. Bien sûr, il y a mille très bonnes raisons d'être en colère face aux choses qui ne marchent pas sur ce vaste monde, mais aujourd'hui j'ai décidé de parler un peu de ce qui ne se sait pas toujours à propos des gens qui comme moi vivent, ou essaient de vivre, de la création audiovisuelle.
Ce n'est pas tout de faire un film, de faire des recherches, d'écrire des scénarios, de voyager dans un festival pour présenter le produit fini et rencontrer des gens et échanger nos impressions, toutes choses passionnantes bien sûr. Il faut aussi vivre. C'est idiot, mais pour vivre, même nous, on a besoin d'argent. Même nous, on a besoin d'un toit pour se loger, et donc on doit aussi payer un loyer. Nous aussi, il nous arrive de manger, autre chose que les petits fours servis lors des receptions des festivals. Il se trouve que je suis en train de chercher un logement. Je souhaite louer un appart, voire même seulement une chambre dans une colocation. Et oui, j'ai bourlingué un peu dans ce vaste monde, suffisamment pour aimer une certaine liberté; une certaine indépendance, et c'est pour cela que, décidant depuis juillet dernier de revenir poser mes valises en France, j'ai décidé de chercher un lieu à moi, pour vivre. Et ce n'est pas facile, car tout est cher, même hors de Paris, à Bordeaux. Mais quand, comme hier, je m'entends dire: "Je vous appelle pour vous dire, que , bien que nous vous ayons trouvé sympathique, nous préférons ne pas vous donner la chambre, parceque vous avez dit que vous alliez demander l'aide au logement. ça ne nous paraît pas juste. Notre fils est jeune salarié, et lui n'a pas droit aux aides au logement. Que vous vous ayez droit à l'apl, ça ne nous plaît pas, ce n'est pas juste."
????
Je me suis posée la question, qu'est-ce qui, parmi les choses que j'avais racontées pendant la visite de la maison, m'avaient valu ce retour, le jour suivant. Le fait d'avoir mentionné que j'avais vécu plusieurs années en Australie? J'y suis partie étudiante, en 2000, j'y ai travaillé quand j'ai pu, en particulier à partir de 2004, mais je peux vous assurer qu'en Australie, comme dans n'importe quel pays du monde, on peut avoir des soucis d'argent, être chômeur, galérer, ce qui plusieurs fois a été mon cas, mais je me suis toujours débrouillée, même avec peu d'argent. Est-ce le fait d'avoir parlé de ma famille? d'origine Basque, nés en Uruguay, vivant à Bayonne en ce moment? Le lien basque peux t'il être une menace? Le fait d'avoir dit que je travaillais en ce moment avec d'autres réalisateurs pour une petite série de documentaires pour France 3 Aquitaine? Bien sûr, je n'ai pas précisé que ce travail pour le moment avait représenté deux numéros, que le premier vient d'être payé maintenant avec un peu de retard, et que je n'ai pas encore assez de cachets en France pour avoir le statut d'intermittente du spectacle.
Est-ce le fait d'avoir dit que mon documentaire avait plutôt bien marché dans les festivals? Mais le film a souvent voyagé sans moi, et ce n'est que quand mon voyage a pu être financé par les festivals ou les ambassades de France, que moi j'ai pu m'y rendre. Le seul voyage que je me sois payé, cofinancé à un tiers par la smac, mais qui était tout de même bien couteux à mon budget, était pour la présentation officielle de mon film en Uruguay en mars 2007 : le coût du voyage (partant de Sydney) s'est élevé à 2000 euros. Le consulat de France à Sydney avait promis de collaborer à hauteur de 500 euros aux frais de présentation du film, en Australie. Cela n'a pas été réalisé.
Alors, je vais donner ici quelques informations pour que ceux qui ne connaissent pas notre quotidien comprennent un peu la stupéfaction, puis la colère qui m'ont envahie après ce coup de fil qui prétendait de me faire ressentir de la honte à solliciter les apl.
Pour faire Secretos de Lucha, j'ai du lutter. Longtemps. 4 ans et demi. Les premières interviews que j'ai réalisée ont été le fruit de mes économies et de l'aide de mes parents, qui m'ont financé en 2002 l'achat d'une petite caméra Sony TRV17, et l'achat du billet d'avion pour le premier de mes voyages en Uruguay, lors de la première réunion de famille ayant eu lieu à ce moment là. La première fois que les 8 frères et soeurs Bidegains allaient être tous réunis, et ce, depuis 1968.
Mes parents sont-ils riches? Bien sûr, en amour, en rêves, en valeurs, en désirs de refaire le monde pour le meilleur, à croire que chacun de nous a un meilleur possible, qu'on peut s'améliorer, et s'entraider, que nous tous, avons un trésor, qu'il faut découvrir et cultiver.
Ma mère, Libertad, est assistante maternelle. Je l'aime de tout mon coeur. Elle n'apparaît pas dans le film, parce que j'ai voulu concentrer l'histoire sur le vécu des frères et soeurs de mon père, prendre le cas d'une seule famille. Et pourtant elle feraît elle aussi un magnifique sujet de documentaire, pour tout ce qu'elle a vécu. Je le reserve pour une autre occasion. Ma mère ne pourra pas prendre sa retraite avant ses 65 ans, car si elle le faisait, sa retraite serait inférieure à la moitié du SMIC. Elle adore son métier, et c'est avec un amour et une patience merveilleuse qu'elle accueille chez nous les 2 à 3 jeunes enfants ou bébés qui lui sont confiés à la journée. Mon père, Jean Paul, que vous voyez dans le film, est à la retraite, après presque une vingtaine d'années de travail en tant que chauffeur de bus (conducteur-receveur) à la STAB à Bayonne. Sa retraite elle aussi est extravagante: autour de 600 euros par mois. C'est avec beaucoup d'économie, de sacrifice et d'effort qu'ils ont fini de payer le crédit pour l'appartement dans lequel ils vivent à Bayonne, un T5 de 85m2. Je suis la seule des 3 filles que nous sommes à venir occuper le plus régulièrement la chambre qui m'est réservée.
Et pourquoi moi qui voyage autant, comme le prouve ce blog, et le site de Secretos, je ne vis pas dans mon propre appart?
Et bien c'est parce que, tenez-vous bien, jusqu'à septembre dernier, j'aurais eu bien du mal à me le payer. Et oui. C'est forcément que je suis dépensière, n'est-ce pas, triviale et légère? Et oui, bien sûr, c'est pour cela que je me fais gronder régulièrement par ma mère. A propos de mes courses. Ou plutôt du manque de mes courses. J'arrive juste de temps en temps à me laisser convaincre à acheter, une nouvelle jupe, une paire de soulier, chaque trois ans, parce que ma mère veut être fière de moi quand je participe à ces festivals; quand, c'est comme ça que, moi, je le vois, je sors "en représentation", "dans le monde", et que je croise toutes ces belles personnes et ces beaux gens qui font partie du monde de l'audiovisuel.
Mais faire le film, cela a dû me rapporter de l'argent n'est-ce pas? Oui, bien sûr. J'ai été payée, et plutot très bien pour une première réalisation de documentaire long métrage. 8000 euros. C'est mon salaire de réalisatrice. Attention, pas par mois, mais en tout. Pour un travail qui s'est étalé sur plus de quatre ans (fin 2003 signature du premier contrat de cession de droits d'auteur avec la SMAC, mi 2007, à la fin du montage de la version longue). Si je suis repartie en Australie en février 2007, jusqu'en juillet, c'est parce que là-bas, je pouvais trouver du travail facilement, et j'ai travaillé, en tant que monteuse dans une chaîne de télé locale, ABC. Vivant là-bas,en colocation, j'ai pu économiser de quoi subsister les premiers mois de mon "installation" en France. De retour en France, j'ai un toit par la générosité de mes parents, ou d'amis qui me reçoivent quelques jours en fonction de mes déplacements. Je suis ravie d'avoir pu trouver ces premières occasions de faire mes pas dans l'audiovisuel en France, avec les Petits Univers, série de documentaires qui passe en ce moment sur France 3 Aquitaine les samedis après midis. Jusqu'à présent, cela représente 2 CDD de deux semaines, 20 cachets de réalisation. Pour avoir le statut, il en faut 43.
Entre 2002 et 2007, le temps de faire le documentaire, qu'ai-je donc fait?
En 2002, j'ai filmé les premières interviews en Uruguay. Puis j'ai cherché du travail en France. Dans mon domaine, je n'en ai pas trouvé: trop qualifiée, ou pas assez, ou bien mes expériences australiennes n'ont pas été reconnues. Bref, j'ai travaillé deux mois comme serveuse dans un restaurant à Paris.
En 2003, grâce à une connaissance, j'ai travaillé quelques mois comme assistante de production dans une maison de production de publicités à Madrid. Payée au lance-pierre, pendant 4 mois. Puis deux grands évènements sont arrivés: j'ai été sélectionnée pour participer au "Film à 99 euros", compétition organisée dans le cadre de feu le Festival du cinéma au féminin de Bordeaux, et j'ai obtenu la bourse déclics-jeunes de la Fondation de France. Le premier évènement m'a permis de réaliser ce court-métrage, "Pascal", un conte des fêtes de Bayonne, qui est maintenant visible sur Youtube. Avec ce budget, 99 euros, j'ai payé les deux cassettes dvcam, et la nourriture pour mon équipe lors des deux soirées de tournage. Le deuxième événement, la bourse déclic jeune, m'a permi de me libérer quelques mois des contraintes du travail pour recommencer la recherche d'un producteur afin de mener à bout le projet, Secretos de Lucha. Ces 7500 euros ont également permis l'achat d'un ordinateur portable, un mac G4 que j'appelai tendrement Dora, et qui est mort il y a juste quelques mois, en septembre 2007, paix à son âme. C'est sur Dora que j'ai fait les premiers montages d'une sélection d'extraits des interviews de mes oncles et tantes, qui ont aidé à convaincre Jean-François Hautin, de la SMAC, maison de production installée à Mérignac, du potentiel de mon projet.
En 2004, avec l'appui de Jean François, et de la région Aquitaine, je suis partie 4 mois en Uruguay, à faire des recherches documentaires, à faire les petits pas nécessaires à une meilleure approche du sujet et des membres de ma famille, à tâter le terrain et découvrir quelle résistance (et elle était grande) s'opposait à ce type d'investigations en Uruguay. J'ai travaillé quelques mois par la suite dans le festival alors encore appelé La Cita, le festival latinoaméricain de Biarritz, en tant que room-list, afin de renflouer les caisses. Pendant ce temps, avec mon producteur, nous travaillions à l'écriture et au dépot de dossier et de demandes de subventions. En 2005, enfin nous avons pu filmer la première partie des interviews avec les membres de la famille en Uruguay, avec du matériel professionnel. Mais il nous manquait encore des images. Cette même année, j'avoue, j'ai cru me perdre. Je me remettais en cause dans plusieurs domaines de ma vie, je ne voyais aucune sortie nulle part. Nous attendions les aides de la région, de la procirep, d'autres aides encore, des chaînes de télé pour garantir une diffusion, et donc une aide du CNC... Je suis repartie encore une fois en Australie, parce que la-bas, j'y trouvais du travail, de montage. J'ai postulé à l'entrée à la prestigieuse école de cinéma australienne, AFTRS, l'équivalent de la FEMIS en France, et ils m'ont prise... Dans le département montage. Je redevenais donc étudiante (le plus beau des statuts, n'est-ce pas? Être celui qui apprend...) pour un an.
C'est alors que les aides nous ont été attribuées, et que nous sommes allés chercher en 2006 les interviews qui nous manquaient, et où nous sommes allés filmer cet énorme pari qui avait été le mien (et qui en France particulièrement a été critiqué): les reconstitutions. C'est entre la France et mes études en Australie que s'est passé le montage de Secretos. C'est grâce à l'aide de plusieurs des étudiants et enseignants de cette école, l'AFTRS, que le film bénéficie d'un fini plus lisse, en particulier d'une musique originale magnifique, l'oeuvre de Claire et Angus.
2007: fin du montage de Secretos, design sonore fait gratuitement par Olivia Monteith, mixeuse d'ABC, étalonnage fait par mes soins, ainsi que le marketing, les sous-titrages, traductions espagnol et anglais, versions PAL et NTSC, les DVD, etc... Pour subsister, je travaille en indépendant en tant que monteuse, je donne des cours de montage, dans cette même école à Sydney, où je fais également du conseil technique.
Septembre 2007 enfin, après tant d'années de travail: projection, en grande première mondiale, de Secretos de Lucha, dans sa version longue, au festival latino-américain de Biarritz... Tout le reste, vous le savez, vous le lisez dans ce blog. Le film est pris dans plus de 25 festivals internationaux, il gagne quelques prix, il émeut des publics variés, je crois qu'il touche, qu'il inspire même ceux qui le voient et qui comprennent son message: qu'il faut lutter, lutter pour ce que l'on croit.
Alors alors... Ces APL...
Je risque de choquer ce monsieur encore plus: sachez monsieur, que non seulement je demande les APL, mais qu'en plus je suis au RMI. AAAAAAAAAAAHhhhh. Ben Oui.
Parce que depuis juillet, date de mon retour en France, et jusqu'au mois dernier je n'ai eu aucun revenu. Je n'ai jamais eu droit aux ASSEDIC. Mon travail de réalisation effectué en France, était trop saupoudré ici et là pour donner un droit à quoi que ce soit, et on ne prend pas en compte le travail effectué en Australie, bien sûr. Pour l'année 2006, ainsi, l'année de référence dans le dossier de demande des APL, j'ai touché à peu près 4000 euros. Pour le tournage et le montage en France. Le reste du temps, j'étais étudiante en Australie. Pour cela, et parceque je suis actuellement RMISTE, j'aurai droit aux APL cette année.
Maintenant, ça y est, ne vous en faites plus, j'ai touché mon salaire, et le prochain est à suivre très rapidement. Je sais que je vais encore réalisaer quelques numéros pour la série de France 3 Aquitaine, ce qui devrait me permettre d'avoir très vite mon statut d'intermittente. J'ai encore quelques économies de mon travail en Australie, et je peux voir venir l'année avec un sentiment de sérénité relative, ce qui est assez rare dans notre profession. J'ai hâte de ne plus être RMIste, car cela voudra dire que j'arrive à vivre de mon travail. Car voyez-vous, bien que ce ne soit pas un travail salarié, que je ne cotise à aucune retraite, et que cela ne soit comptabilisé nulle part, je suis en train de travailler: à faire des recherches pour de nouveaux projets, à écrire, des fictions, des documentaires, des films ayant un contenu, peut être parfois un message.
Le droit au rêve, le droit à la liberté, le droit à une vie décente, à une dignité.
Je devrais avoir honte de toucher le RMI? d'avoir droit aux APL? Le peuple de France a lutté pour ces droits. Ces mêmes droits que ce président que d'autres que moi ont élu grignote de jour en jour. Non, je n'ai aucune honte. Et non, désolée, je ne me tairai pas. Avec, ou sans toit.
France, mon cher pays: j'y suis, j'y reste, et je me battrai pour toi.
Pour ton vrai toi.
Maiana
Sunday, October 12, 2008
Réponse du critique à la critique
Bonjour à tous,
pour ceux qui auraient lu mon message antérieur et ainsi ma déception face à la critique de télérama, voici la fin de l'histoire. J'ai envoyé ma critique de la critique à son auteur, M. Ekchazjer, et celui ci, tout à son honneur, a pris le temps de me répondre, en parfaite cohérence avec lui-même. Je publie ici son message.
From: ekchajzer.f@telerama.fr
Subject: Re: réaction à la critique de Secretos de Lucha
Date: Fri, 19 Sep 2008 18:00:19 +0200
To: maianabidegain@hotmail.com
Madame,
Je viens de lire avec intérêt votre réaction critique au commentaire critique que m'a inspiré votre film. Que votre déception fasse écho à la mienne ne m'étonne évidemment pas. Elle me suggère néanmoins quelques remarques.
Loin de moi l'idée de contester l'authenticité du désir dont est né "Secretos de lucha". Si je lui ai attribué un T, c'est en dépit des défauts que je lui trouve, en raison de la valeur même de la démarche qui le sous-tend, de sa difficulté et de ce qu'elle nous permet de découvrir d'une réalité historique méconnue, oubliée.
Comme vous l'envisagez, visionner un documentaire seul face à son écran n'a que peu à voir avec l'expérience du spectateur mêlé à d'autres dans une salle de cinéma, à l'occasion d'un festival. Je vous signalerais juste que celle du critique télé s'apparente sur ce point un peu plus à celle du téléspectateur. Contrairement à ce dernier, je m'oblige à visionner intégralement les programmes que j'ai à commenter. Et c'est honnêtement, sincèrement, en conscience, que j'ai rédigé cette critique. L'ayant relue, je vous confirme qu'elle correspond fidèlement au sentiment que votre film m'a inspiré.
Pour moi, "Secretos de lucha" souffre du fait qu'en dépit de votre sincérité, vous ne soyez pas parvenue à transposer votre démarche dans une forme documentaire originale, appropriée. Les reconstitutions ne sont pas seules en cause. Si elles écornent la puissance d'évocation des témoignages en leur associant des appendices fictionnels, c'est le documentaire dans son entier qui, à mes yeux, manque de personnalité et, de ce fait, s'apparente plus à un long reportage qu'à un authentique documentaire. Que le public de Pessac et celui de Sydney, que les jurés de Biarritz ou d'ailleurs partagent un tout autre point de vue me satisfait pour vous, mais ne modifie pas mon propre sentiment. Que vous préfériez leur flamme à ma tiédeur est naturel. Que ma critique vous attriste me peine. Qu'elle puisse avoir une quelconque conséquence négative sur votre carrière me déplaît. Il n'empêche que ma sincérité n'est pas moins grande que la vôtre. Libre à vous de juger mon article mauvais ou injuste. La critique s'expose évidemment à la critique, et les erreurs de jugement sont légion. Cette fois, je pense ne pas m'être trompé. A vous de voir si je me trompe en affirmant cette conviction.
Quoi qu'il en soit, je vous remercie de votre réaction et vous souhaite, outre un excellent week-end, une heureuse continuation dans la voie difficile du genre documentaire.
François Ekchajzer, Télérama
Et ma réponse:
De: Maiana Bidegain [mailto:maianabidegain@hotmail.com]
Date: mar. 23/09/2008 19:43
À: EKCHAJZER Francois
Objet : RE: réaction à la critique de Secretos de Lucha
Monsieur,
merci pour votre réponse, rapide et complète. Quelques points de vues sont difficiles à réconcilier (je continue à croire que mon documentaire s'éloigne par beaucoup d'aspects de la démarche reportage, et en dehors des publics de festival, j'ai aussi reçu des témoignages de téléspectateurs qui m'ont confié leur émotion suite au visionnement du film chez eux), mais j'apprécie au moins votre franchise et le professionnalisme de votre démarche. Toute oeuvre serait finalement par ailleurs bien lisse si elle suscitait l'unanimité, donc je vous remercie de votre contribution, que je publierai avec votre autorisation sur le blog de Secretos de Lucha.
J'espère donc que vous aussi avez passé un excellent weekend, à regarder peut être d'excellents films, sans que votre sélection ait été influencée préalablement par la lecture d'une critique un peu dure.
Cordialement,
Maiana
Ne soyez pas chagrin quant à ma carrière, il me reste quelques années devant moi pour la fortifier et je suis de nature persistante, un héritage culturel sûrement.
Voila voilà, fin de l'épisode!
A part ça, tout va bien, merci, et je suis ravie de vous dire qu'en dépit de tout, le public est encore venu nombreux pour la présentation du film au festival Latino de Biarritz, où il était présenté à nouveau, cette fois-ci dans le cadre de la rétrospective des prix de l'Union Latine.
Je vous embrasse tous.
Maiana
pour ceux qui auraient lu mon message antérieur et ainsi ma déception face à la critique de télérama, voici la fin de l'histoire. J'ai envoyé ma critique de la critique à son auteur, M. Ekchazjer, et celui ci, tout à son honneur, a pris le temps de me répondre, en parfaite cohérence avec lui-même. Je publie ici son message.
From: ekchajzer.f@telerama.fr
Subject: Re: réaction à la critique de Secretos de Lucha
Date: Fri, 19 Sep 2008 18:00:19 +0200
To: maianabidegain@hotmail.com
Madame,
Je viens de lire avec intérêt votre réaction critique au commentaire critique que m'a inspiré votre film. Que votre déception fasse écho à la mienne ne m'étonne évidemment pas. Elle me suggère néanmoins quelques remarques.
Loin de moi l'idée de contester l'authenticité du désir dont est né "Secretos de lucha". Si je lui ai attribué un T, c'est en dépit des défauts que je lui trouve, en raison de la valeur même de la démarche qui le sous-tend, de sa difficulté et de ce qu'elle nous permet de découvrir d'une réalité historique méconnue, oubliée.
Comme vous l'envisagez, visionner un documentaire seul face à son écran n'a que peu à voir avec l'expérience du spectateur mêlé à d'autres dans une salle de cinéma, à l'occasion d'un festival. Je vous signalerais juste que celle du critique télé s'apparente sur ce point un peu plus à celle du téléspectateur. Contrairement à ce dernier, je m'oblige à visionner intégralement les programmes que j'ai à commenter. Et c'est honnêtement, sincèrement, en conscience, que j'ai rédigé cette critique. L'ayant relue, je vous confirme qu'elle correspond fidèlement au sentiment que votre film m'a inspiré.
Pour moi, "Secretos de lucha" souffre du fait qu'en dépit de votre sincérité, vous ne soyez pas parvenue à transposer votre démarche dans une forme documentaire originale, appropriée. Les reconstitutions ne sont pas seules en cause. Si elles écornent la puissance d'évocation des témoignages en leur associant des appendices fictionnels, c'est le documentaire dans son entier qui, à mes yeux, manque de personnalité et, de ce fait, s'apparente plus à un long reportage qu'à un authentique documentaire. Que le public de Pessac et celui de Sydney, que les jurés de Biarritz ou d'ailleurs partagent un tout autre point de vue me satisfait pour vous, mais ne modifie pas mon propre sentiment. Que vous préfériez leur flamme à ma tiédeur est naturel. Que ma critique vous attriste me peine. Qu'elle puisse avoir une quelconque conséquence négative sur votre carrière me déplaît. Il n'empêche que ma sincérité n'est pas moins grande que la vôtre. Libre à vous de juger mon article mauvais ou injuste. La critique s'expose évidemment à la critique, et les erreurs de jugement sont légion. Cette fois, je pense ne pas m'être trompé. A vous de voir si je me trompe en affirmant cette conviction.
Quoi qu'il en soit, je vous remercie de votre réaction et vous souhaite, outre un excellent week-end, une heureuse continuation dans la voie difficile du genre documentaire.
François Ekchajzer, Télérama
Et ma réponse:
De: Maiana Bidegain [mailto:maianabidegain@hotmail.com]
Date: mar. 23/09/2008 19:43
À: EKCHAJZER Francois
Objet : RE: réaction à la critique de Secretos de Lucha
Monsieur,
merci pour votre réponse, rapide et complète. Quelques points de vues sont difficiles à réconcilier (je continue à croire que mon documentaire s'éloigne par beaucoup d'aspects de la démarche reportage, et en dehors des publics de festival, j'ai aussi reçu des témoignages de téléspectateurs qui m'ont confié leur émotion suite au visionnement du film chez eux), mais j'apprécie au moins votre franchise et le professionnalisme de votre démarche. Toute oeuvre serait finalement par ailleurs bien lisse si elle suscitait l'unanimité, donc je vous remercie de votre contribution, que je publierai avec votre autorisation sur le blog de Secretos de Lucha.
J'espère donc que vous aussi avez passé un excellent weekend, à regarder peut être d'excellents films, sans que votre sélection ait été influencée préalablement par la lecture d'une critique un peu dure.
Cordialement,
Maiana
Ne soyez pas chagrin quant à ma carrière, il me reste quelques années devant moi pour la fortifier et je suis de nature persistante, un héritage culturel sûrement.
Voila voilà, fin de l'épisode!
A part ça, tout va bien, merci, et je suis ravie de vous dire qu'en dépit de tout, le public est encore venu nombreux pour la présentation du film au festival Latino de Biarritz, où il était présenté à nouveau, cette fois-ci dans le cadre de la rétrospective des prix de l'Union Latine.
Je vous embrasse tous.
Maiana
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